Lorsque l’on apprend le chinois mandarin, une question revient presque systématiquement : comment prouver concrètement mon niveau ? Dire « je parle chinois » est subjectif. Dire « j’étudie depuis deux ans » ne permet pas de situer votre compétence.
C’est ici qu’intervient le Hanyu Shuiping Kaoshi, plus connu sous le nom de HSK, la certification officielle de chinois la plus reconnue à l’international.
Mais derrière ces trois lettres se cachent plusieurs enjeux :
Cet article vous propose une analyse complète et stratégique.
👉 Voir aussi notre article - Valider votre niveau en chinois mandarin
Le Hanyu Shuiping Kaoshi (汉语水平考试) signifie « Test de niveau de langue chinoise ». Il est administré par le Hanban, sous l’autorité du ministère de l’Éducation chinois.
Il s’agit :
Selon votre niveau, ce test vient évaluer :
L’interaction orale est évaluée séparément via le HSKK (cf. le paragraphe en dessous).
Vous connaissez 150 mots chinois et êtes capable de :
Exemple de situation réelle : vous pouvez acheter un café et demander le prix. Mais si la réponse est rapide, vous serez perdu.
👉 Survie minimale.
Vous connaissez 300 mots chinois et êtes capable de :
Limites : difficulté à raconter une expérience complexe et à comprendre un dialogue naturel entre natifs.
👉 Autonomie très encadrée.
Vous connaissez 600 mots chinois et êtes capable de :
Exemple de situation réelle : vous pouvez expliquer à votre propriétaire que le chauffage ne fonctionne pas.
👉 Premier vrai seuil d’autonomie.
Vous connaissez 1 200 mots chinois et êtes capable de :
Limites : les débats improvisés difficiles ou les expressions idiomatiques complexes.
👉 Autonomie professionnelle basique.
Vous maîtrisez 2 500 mots et êtes capable de :
👉 Crédibilité forte dans un contexte académique ou professionnel.
Vous connaissez plus de 5 000 mots chinois et êtes capable de :
👉 Niveau avancé solide.
Le HSKK (Hanyu Shuiping Kouyu Kaoshi) est l’examen officiel qui évalue spécifiquement la compétence d’expression orale en chinois mandarin. Il complète le HSK (Hanyu Shuiping Kaoshi), qui mesure principalement la compréhension écrite et orale ainsi que la maîtrise des structures grammaticales et du vocabulaire, mais n’évalue pas directement la capacité à parler.
Autrement dit, là où le HSK vérifie si vous pouvez comprendre, lire et écrire le chinois, le HSKK vient valider votre capacité à vous exprimer à l’oral de manière claire, structurée et intelligible. Les deux examens sont indépendants mais complémentaires : de nombreux candidats passent le HSK pour attester de leur niveau académique global et le HSKK pour prouver leur aisance à communiquer à l’oral, notamment dans un contexte universitaire ou professionnel.
Le HSKK se décline en trois niveaux :
L’épreuve dure généralement entre 15 et 25 minutes selon le niveau. L’évaluation porte sur votre prononciation, votre fluidité, votre correction grammaticale et la cohérence de votre discours.
Ainsi, le HSKK constitue un complément essentiel au HSK pour toute personne souhaitant démontrer non seulement sa compréhension du chinois, mais aussi sa capacité à l’utiliser activement dans des situations réelles de communication.
Le HSK 3.0 correspond à la nouvelle version du Hanyu Shuiping Kaoshi, réforme majeure du système officiel d’évaluation du chinois langue étrangère mise en place par les autorités éducatives chinoises.
Contrairement à l’ancienne version (HSK 2.0) qui comportait 6 niveaux, le HSK 3.0 s’articule désormais autour de 9 niveaux répartis en trois grands paliers :
Cette réforme vise à affiner la progression des apprenants et à mieux aligner l’examen sur les standards internationaux de compétence linguistique.
Les niveaux 1 à 6 restent organisés avec des épreuves distinctes de compréhension orale (听力), compréhension écrite (阅读) et expression écrite (书写), mais les exigences lexicales et grammaticales ont été considérablement renforcées. Le volume de vocabulaire requis est plus structuré, avec une progression cumulative claire, et l’accent est mis davantage sur la maîtrise grammaticale et la capacité à utiliser la langue dans des contextes authentiques.
Pour les niveaux supérieurs (7 à 9), l’examen devient unifié : il ne s’agit plus d’un examen par niveau distinct, mais d’un test global dont le score détermine le niveau atteint. Les épreuves incluent des tâches plus complexes, comme l’analyse de textes longs, la compréhension de discours académiques et la rédaction argumentée.
Globalement, le HSK 3.0 valorise davantage les compétences communicatives réelles : compréhension approfondie, précision grammaticale, richesse lexicale et capacité à structurer un raisonnement.
Sur le plan pratique, le HSK 3.0 est utile à plusieurs niveaux. Il sert de référence officielle pour l’admission dans les universités chinoises, l’obtention de bourses, ou encore pour valoriser un profil professionnel en lien avec la Chine. Les niveaux intermédiaires permettent d’attester d’une autonomie dans la vie quotidienne et professionnelle, tandis que les niveaux avancés ouvrent l’accès à des études académiques entièrement en chinois ou à des postes exigeant une maîtrise experte.
En somme, le HSK 3.0 ne se limite pas à un simple test linguistique : il constitue un véritable outil de positionnement stratégique pour structurer son apprentissage, mesurer sa progression et certifier officiellement sa compétence en mandarin dans un contexte international.
Le niveau 7 valide une capacité solide à utiliser le chinois dans un contexte académique ou professionnel exigeant.
Ce qui est attendu :
👉 Le candidat peut suivre des études universitaires en chinois et travailler dans un environnement professionnel sinophone qualifié.
Le niveau 8 marque une différence qualitative : on attend une précision et une souplesse d’expression nettement supérieures.
Ce qui distingue le niveau 8 :
👉 À ce niveau, le candidat peut évoluer dans des milieux académiques exigeants, de recherche ou de traduction spécialisée.
Le niveau 9 correspond à une compétence extrêmement élevée, proche d’un locuteur natif éduqué.
Ce qui est requis :
👉 Ce niveau est pertinent pour des chercheurs, enseignants universitaires, diplomates, traducteurs experts ou rédacteurs professionnels en chinois.
La différence entre 7, 8 et 9 n’est pas une différence de format d’examen, mais une différence de profondeur linguistique, précision, richesse lexicale, maîtrise stylistique et capacité d’analyse. C’est donc moins une question de “savoir faire” que de niveau de sophistication et de finesse dans l’usage du chinois.
Beaucoup d’apprenants se demandent : “Est-ce que le HSK est vraiment utile… ou est-ce juste un examen académique ?” La réponse dépend entièrement de votre objectif.
Si vous souhaitez étudier en Chine, le HSK n’est pas un bonus. C’est une condition d’entrée.
Exigences universitaires typiques :
Voici un exemple concret :
Imaginons Léa, étudiante française en commerce international. Elle souhaite intégrer une université à Shanghai.
Son dossier doit inclure :
Sans un score HSK suffisant, son dossier sera automatiquement écarté.
Le HSK agit donc comme un filtre académique standardisé.
Les bourses gouvernementales chinoises sont compétitives.
Dans ce contexte, le HSK ne sert pas seulement à prouver un niveau minimal. Il devient un critère de classement.
Voici un exemple comparatif :
Deux candidats avec le même diplôme et la même moyenne.
Le second candidat démontre :
Le score HSK devient donc un outil de crédibilité chiffrée.
Dans le monde du travail, déclarer “je parle chinois” est trop vague.
Le HSK apporte :
Encore un exemple concret :
Deux candidats pour un poste en import-export :
Le recruteur comprend immédiatement le niveau du second.
Dans l'univers professionnel, le HSK agit donc comme un indicateur de sérieux, un signal de discipline et une preuve de compétence formalisée.
Même sans projet académique immédiat, le HSK peut être stratégique et devient un objectif personnel mesurable qui empêche l'abandon.
Préparer un HSK impose en effet :
Sans perspective d'examen HSK, votre apprentissage sera sans doute moins régulier. Avec un objectif HSK 4 dans 6 mois, vous vous imposez une discipline et structurez votre apprentissage.
Le HSK devient alors votre cadre de progression et vous soutient.
Le HSK teste votre capacité à lire le chinois, à la comprendre et évalue la richesse de votre vocabulaire.
Mais il ne teste pas suffisamment :
On peut avoir HSK 5 et manquer d’aisance en réunion improvisée.
Le HSK valide un socle académique sans garantir votre maîtrise communicative globale.
Le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL), créé par le Conseil de l'Europe, classe les niveaux de langues de A1 à C2. Mais le HSK n’a pas été conçu selon la même logique.
Voici les différences structurelles entre les deux systèmes d'évaluation.
Voici une équivalence réaliste :
Le HSK n’est pas un CECRL chinois. C’est un système parallèle.
Il est :
✔ Un passeport académique,
✔ Un levier professionnel,
✔ Un outil de crédibilité,
✔ Un cadre structurant et aidant.
Mais il doit être complété par la pratique réelle.
Il n’est pas une fin en soi mais un instrument stratégique de valorisation.
Non, sauf pour certaines universités ou bourses.
Le HSK teste votre compréhension écrite et orale mais pas votre expression orale (ce que fait le HSKK).
Non. Il valide un socle académique, mais la fluidité dépend de votre pratique réelle.