18/2/2026

« Combien de temps va-t-il me falloir pour apprendre le chinois mandarin? »
C’est probablement la première question que vous vous posez si vous envisagez de vous lancer dans l’apprentissage de cette langue. Certains vous répondront « au moins 10 ans ». D’autres que « c’est tout bonnement impossible ». D’autres encore qu’ « il vous suffira de quelques mois ».
La réalité est plus nuancée, et par chance beaucoup plus rassurante. Apprendre le chinois mandarin demande du temps, oui. Mais il ne s’agit pas d’une montagne infranchissable.
La durée de votre apprentissage dépendra principalement :
Dans cet article complet, vous allez découvrir :
Notre objectif : vous donner une vision claire, structurée et motivante.
Le mandarin est souvent présenté comme « la langue la plus difficile au monde ». En réalité, il est surtout très différent des langues européennes.
D’après le Foreign Service Institute (FSI), organisme de formation diplomatique américain, le mandarin est classé dans la catégorie des langues les plus éloignées de l’anglais.
Selon leurs estimations, il faut environ 2 200 heures d’étude pour atteindre un niveau professionnel bilingue.
À titre de comparaison, voici le temps requis pour 3 langues européennes :
Comme vous le savez, le chinois ne repose pas sur un alphabet mais sur une écriture très unique : les caractères. Chacun de ces caractères correspond à une unité de sens et de prononciation. Apprendre ces caractères demande évidemment plus de temps que de maîtriser un alphabet de 26 lettres. Un apprentissage progressif et structuré est donc absolument indispensable.
Le chinois est une langue tonale (en plus d'être tonique !!). Si en français vous pouvez dire « maison » avec des intonations différentes sans changer le sens du mot "maison", en chinois, une même syllabe peut avoir plusieurs significations selon votre intonation.
Petit exemple très connu et simple :
妈(mā)1er ton = maman
麻(má)2ème ton = chanvre
马(mǎ)3ème ton = cheval
骂(mà)4ème ton = engueuler
吗(ma)ton neutre = le caractère de la question fermée
C’est déroutant au début, mais parfaitement maîtrisable avec un peu d'entraînement.
Un point qui n’aide pas non plus l’apprentissage du chinois pour un francophone : contrairement à l’espagnol ou à l’italien, le vocabulaire chinois n’a aucun lien avec le français. Tout est complètement nouveau. Plus aucun repère ni graphique, ni auditif.
La logique syntaxique chinoise est aussi complètement différente.
Mais — et c’est important — elle est aussi plus simple sur plusieurs points.
Enfin une bonne nouvelle : la grammaire chinoise est simple.
On parle beaucoup des difficultés de la langue chinoise mais rarement de ses avantages grammaticaux en comparaison de la langue française :
Une fois cette logique particulière comprise, la structure des phrases chinoises est stable, donc assez facile à retenir. Beaucoup d’apprenants avancés peuvent en témoigner.
👉 Voir notre article - Les essentiels de la grammaire chinoise
Le HSK (Hànyǔ Shuǐpíng Kǎoshì), littéralement le Test de Niveau en Chinois mandarin (汉语水平考试), est l’examen officiel de niveau en chinois mandarin pour les non-sinophones, organisé par le gouvernement chinois. Il évalue les compétences en compréhension orale, lecture et écriture à-travers plusieurs niveaux progressifs. Il est souvent requis pour étudier en Chine, obtenir une bourse ou valoriser son niveau de chinois professionnellement.
Pour être concret, voici les temps qu’il faut prévoir raisonnablement pour atteindre chacun des principaux niveaux du KSK (de 1 à 6). Attention ces temps supposent une méthode très progressive et structurée et grande régularité (chaque jour 30 minutes) et un système régulier de révisions hebdomadaires (1h par semaine) et mensuelles (2h tous les mois).
Temps estimé : env. 120 heures
En travaillant le chinois 30 minutes par jour + révisions hebdomadaires et mensuelles, comptez environ 7 mois.
Temps estimé : env. 220 heures (+100 heures)
À ce stade, vous pouvez déjà voyager en Chine avec une certaine autonomie "de survie".
En travaillant le chinois 30 minutes par jour + révisions hebdomadaires et mensuelles, comptez environ 12 mois.
Temps estimé : env. 350 heures (+130 heures)
À ce stade, vous commencez à être à l’aise dans vos échanges.
En travaillant le chinois 30 minutes par jour, révisions hebdomadaires et mensuelles, comptez environ 18 mois.
Temps estimé : env. 450 heures (+100 heures)
Beaucoup considèrent ce niveau comme le seuil d’autonomie réelle.
En travaillant le chinois 30 minutes par jour, révisions hebdomadaires et mensuelles, comptez environ 24 mois.
Temps estimé : env. 670 heures (+ 220 heures)
Ce niveau correspond à un premier stade d'usage professionnel.
En travaillant le chinois 30 minutes par jour, + révisions hebdomadaires et mensuelles, comptez environ 36 mois.
Temps estimé : env. 900 heures (+230 heures)
Ce niveau correspond à un usage professionnel confortable.
En travaillant le chinois 30 minutes par jour, révisions hebdomadaires et mensuelles, comptez environ 48 mois.
En supposant un rythme régulier de 30 minutes par jour + révisions hebdomadaires et mensuelles
En suivant un rythme intensif d'une heure par jour :
La clé n’est pas l’intensité ponctuelle. C’est la régularité. 10 minutes par jour pendant 3 ans valent plus que 3 heures le dimanche pendant 6 mois.
Tout dépend ce que vous entendez par "apprendre".
En étant concret et réaliste, voilà en un an, avec 45 à 60 minutes quotidiennes, ce que vous pouvez faire en chinois :
En revanche, parler comme un natif en un an n'est pas du tout réaliste. Si cela se produit c'est extrêmement rare : d'excellentes capacités en langue, une immersion totale dans la langue et un travail constant et intensif.
Il vous faut distinguer :
Ces niveaux demandent des temps totalement différents.
Vous avez un travail qui vous prend du temps et pouvez consacrer 45 minutes par jour pour apprendre le chinois.
En 2 ans, une progression remarquable est tout à fait possible.
C’est une autre question très fréquente :
Les caractères les plus difficiles à apprendre et à mémoriser seront les 500 premiers. Tout est nouveau pour vous et vous partez de zéro. Cette difficulté d’apprentissage diminuera après les 500 premiers. C’est le principe de la fameuse « courbe d’apprentissage ». Avec moins de temps, vous apprendrez plus, plus vite et mieux.
Pourquoi ? Parce que les caractères sont composés de radicaux que vous aurez déjà vus dans d’autres caractères. Une fois les structures reconnues, votre mémorisation deviendra plus logique.
D'une certaine façon, oui, il est plus long d'apprendre à lire qu'à parler.
Pour converser confortablement, vous aurez besoin de 1 000 à 1 500 caractères.
Lire vous demandera plus de caractères : environ 2 500.
Si vous êtes immergé(e) en Chine, vous parlerez plus vite que vous ne lirez.
D'une autre façon, non, car nous avons, nous Français une bonne mémoire photographique mais avons peur de parler avant de maîtriser la langue. Si vous apprenez le chinois mandarin en France, vous aurez plus de facilité à lire le chinois qu'à vous exprimer.
En dehors des cas de surdoué(e) en langues, la différence dans la vitesse de progression ne vient pas du talent mais de la méthode utilisée et de la qualité de votre travail (régularité, niveau de concentration, etc.)
Le mandarin est une langue cumulative.
Chaque erreur de fond ralentit considérablement votre progression future.
Maîtriser le pinyin dès le départ accélèrera fortement votre apprentissage du chinois pour plusieurs raisons essentielles :
- D’abord, il vous permettra d’associer immédiatement son et sens, ce qui vous évitera d’apprendre les caractères “à l’aveugle”.
- Ensuite, il structurera votre prononciation : finales, initiales et tons deviendront des repères clairs et reproductibles.
- Un pinyin bien appris réduira vos erreurs de tons, qui sont déterminantes en mandarin.
- Il facilitera aussi la mémorisation du vocabulaire en vous donnant une base phonétique stable.
Grâce au pinyin, vous pourrez utiliser rapidement les dictionnaires et outils numériques.
Il renforcera votre compréhension orale, car vous reconnaîtrez plus facilement les sons entendus.
Il vous permettra de lire des dialogues simples avant même de connaître les caractères.
Cela augmentera votre confiance et votre fluidité dès les premières semaines.
En somme, le pinyin créera des fondations solides qui rendront tout le reste de votre apprentissage plus rapide et plus efficace. Une bonne prononciation vous évitera les blocages.
- Parlez le plus tôt possible, même avec un minimum de caractères ou parfois sans caractères (en répétant ce que vous avez entendu). Cela vous permettra d’ancrer les sons de la langue chinoise dans l’oreille et dans la bouche avant de la fixer visuellement.
- Maîtrisez bien les tons et les sons. Cela vous évitera de fossiliser de mauvaises habitudes. Vous le comprenez, le chinois mandarin est une langue tonale.
- Travaillez d’abord, ou en même temps, la compréhension et la prononciation : vous développerez des automatismes naturels. Votre cerveau associera plus facilement un caractère à un son déjà connu qu’à une abstraction graphique. Cela réduira votre charge cognitive car vous ne découvrirez pas en même temps le son, le sens et l’écriture.
Ce socle oral solide améliorera votre mémorisation à long terme et favorisera aussi votre confiance, car vous pourrez communiquer plus rapidement. L’écriture sera alors une étape de consolidation plutôt qu’un obstacle initial. Vous apprendrez à penser en phrases plutôt qu’à déchiffrer des symboles isolés.
Notre cerveau apprend mieux par réactivation régulière.
- En révisant les mots et structures chinoises de manière régulière juste avant de les oublier (c'est-à-dire environ une semaine après les avoir appris), vous renforcerez votre mémoire à long terme plutôt que votre mémorisation superficielle. En chinois mandarin, cette mémoire-là elle est particulièrement efficace pour retenir les caractères, le vocabulaire et les tons.
Chaque révision active vous permettra de consolider les connexions neuronales liées au son, au sens et à l’écriture.
- Les intervalles progressifs entre vos révisions optimiseront votre temps d’étude et vous évitera les révisions inutiles.
- Concentrez-vous davantage sur les éléments difficiles que sur ceux que vous maîtrisez déjà. Cela vous permettra d’augmenter rapidement votre volume de vocabulaire acquis sans surcharge mentale.
Ces révisions régulières vous permettront de reconnaître plus rapidement les caractères à la lecture.
Votre exposition quotidienne au chinois mandarin vous permettra de maintenir un contact constant avec la langue. Cette régularité renforcera vos connexions neuronales liées aux sons, aux tons et aux structures. Même quelques minutes par jour amélioreront votre compréhension et votre fluidité.
Votre oreille s’habituera progressivement aux subtilités phonétiques propres au mandarin. Vous mémoriserez plus naturellement et durablement le vocabulaire que vous rencontrerez en faisant moins d’effort. La répétition implicite des structures grammaticales favorisera leur automatisation.
- Exposez-vous au chinois de manière variée (audio, vidéo, lecture, conversation, podcast, etc.). La langue chinoise vous deviendra familière plutôt qu’étrangère, ce qui renforcera votre confiance.
Encore une histoire de constance quotidienne ! Même assez passive, votre exposition quotidienne au chinois vous sera d’une grande aide.
Le niveau de difficulté d’apprentissage d’une langue n’est pas absolu : en plus de dépendre des capacités de chaque personne, il est relatif à votre langue maternelle. Chaque langue présente ses propres défis.
Le chinois : Des tons spécifiques + Un grand nombre de caractères varié
Le japonais : Trois systèmes d’écriture + Grammaire plus complexe que la grammaire chinois
En général, il est plus facile pour un Chinois d’apprendre le japonais que l’inverse. Les locuteurs chinois reconnaissent déjà une grande partie des kanji, issus des caractères chinois. En revanche, un Japonais doit apprendre les tons du mandarin, absents du japonais.
Le coréen : Alphabet simple + Structure grammaticale encore différente
Globalement, il est un peu plus facile pour un Coréen d’apprendre le chinois que l’inverse — mais cela dépend du profil.
Les Coréens n’ont pas de tons en coréen, ce qui rend le mandarin difficile au début, mais une grande partie du vocabulaire sino-coréen (d’originechinoise) leur est déjà familière sur le plan du sens. En revanche, un Chinois qui apprend le coréen doit maîtriser un nouveau système grammatical (ordre des mots SOV, particules, niveaux de politesse) très différent du mandarin. L’écriture coréenne en hangeul est simple à apprendre, mais la structure grammaticale représente souvent le principal défi pour les sinophones.
Le chinois est donc plus exigeant phonétiquement pour un Coréen, tandis que le coréen est plus exigeant grammaticalement pour un Chinois.
Le bilinguisme réel implique :
En moyenne 4 à 6 ans d’exposition active sont nécessaires pour arriver à ce niveau de maîtrise.
Cela inclut idéalement :
Oui, il existe des francophones qui deviennent réellement bilingues en chinois, mais ils restent minoritaires. Le mandarin demande un investissement important (tons, caractères, distance culturelle), ce qui limite le nombre de locuteurs atteignant ce niveau quasi natif.
On retrouve surtout :
Oui, des francophones peuvent devenir bilingues, mais presque toujours grâce à une immersion longue et une pratique intensive. Le bilinguisme en chinois est rarement le fruit d’un apprentissage occasionnel : il résulte d’un engagement durable et stratégique (avec un objectif professionnel clair).
Progresser en chinois ne se fait pas de manière linéaire mais par palier. Pour parler de mon expérience personnelle, j’ai décollé en chinois après 6 mois de travail très régulier (1h par jour de manière concentrée). Vous verrez à un certain moment que vous décollerez. Nous avons parlé au-dessus de « courbe d’apprentissage ». Pour accélérer votre apprentissage du chinois mandarin, pensez au sportif qui s’entraîne pour un marathon.
Alors comment faire ?
Démarrez doucement en consolidant vos bases.
C’est l’étape 1 : comprenez bien les règles du pinyin et des caractères.
Étape 2 : étoffez progressivement votre vocabulaire (combinaison de caractères) et employez ces mots chinois dans des phrases simples que vous comprenez à l’écrit et que vous pouvez prononcer oralement.
Étape 3 : immergez-vous progressivement dans des dialogues et des textes en chinois. Lisez-les à voix haute, comprenez-les, essayez de les résumer avec vos propres mots.
Étape 4 : conversez le plus possible avec des natifs. Vous développerez votre fluidité.
Votre durée d’apprentissage dépendra surtout de votre ambition : pourquoi apprenez-vous le chinois ?
Le chinois n’est pas « impossible ». Il est exigeant et structuré.
Avec méthode et régularité, votre progression sera sensible, mesurable et assurée.
La réponse honnête est la suivante :
Encore une fois, ce n’est pas une question de talent.
C’est une question de méthode, de régularité, d'exposition et de stratégie.
Le chinois récompense ceux qui s’inscrivent dans la durée.
Et plus vous avancerez, plus votre progression deviendra motivante et gratifiante.
Entre 800 et 2200 heures selon la méthode, votre rythme de travail, vos capacités et le niveau que vous visez.
Oui, pour atteindre un niveau de débutant solide (HSK 1–2) avec une pratique régulière.
Non pour être à l'aise à l'écrit et l'oral, sauf si immersion.
Oui, pour un francophone, le chinois demande plus d’heures d’apprentissage.